Date prévue d’accouchement : risques du déclenchement VS risques du dépassement de terme

déclenchement

Après la découverte de la grossesse, la question qui vient souvent en premier, c’est “quand vais-je accoucher ?”

Les professionnels de santé procèdent alors à une estimation de la date de terme, qui est gravée pendant 9 mois. 

Eh oui, les futures mamans sont souvent impatientes à l’idée de rencontrer leur bébé et de voir sa petite bouille. Mais dès que la date approche l’enthousiasme se transforme en stress, souvent généré par les professionnels ou l’entourage qui commencent à parler déclenchement.

En France, même s’il s’agit d’une date « théorique », c’est en cas de dépassement de celle-ci qu’est mise en place une surveillance rapprochée et est envisagée un déclenchement ou une césarienne. Alors que seulement 4 % des femmes accouchent à cette date, les autres avant ou après.

Mais pourquoi ? Y a-t-il un réel danger à prolonger la grossesse de quelques jours, et même semaines ? La dpa est-elle vraiment fiable ?

Le cœur palpite, les mains deviennent moites à cette idée. Je te comprends, on entend que cette pratique intensifie la douleur des contractions en les rendant fortes directement. Contrairement à un accouchement sans déclenchement où celles-ci montent crescendo.

Aujourd’hui, j’écris cet article, non pour diaboliser le déclenchement, mais pour éclairer le sujet qui est de plus en plus controversé. Tu auras une vue d’ensemble sur les risques du prolongement de la grossesse, mais aussi sur les risques d’un déclenchement.

Même si tu dois savoir maintenant que j’aime moins parler de risque que de “chances”. En effet, j’aime rappeler que la notion de risque est très relative à chaque personne.

Tu opteras pour une option que tu penseras moins risquée, alors que ta voisine, elle, prendra la décision opposée, car les risques que tu prendras toi seront trop importants selon sa vision et vice-versa.

Commençons par rappeler comment est calculée une date de terme appelé aussi DPA, puis les risques liés au dépassement de terme et enfin ceux liés au déclenchement.

Comment est calculée la date de terme ?

La date de terme est aussi appelée Date Prévue d’Accouchement (DPA). 

La DPA est calculée dans un premier temps, soit en fonction du premier jour des dernières règles en ajoutant 15 jours pour supposer qu’elle est la date de conception ou soit à partir de la vraie date de conception, si elle est connue, auquel est ajouté 9 mois. 

Par exemple, si le bébé a été conçu un 1er avril, la DPA sera fixée au 1er janvier. 

Néanmoins, la date de conception est rarement exacte, sauf si :

  • la maman tenait une courbe de température,
  • la maman réalisait des tests d’ovulation et programmait les rapports sexuels,
  • la grossesse a été obtenue après une technique d’Assistance Médicale de Procréation assistée.

Dans un deuxième temps, cette date est vérifiée ou démentie à la première échographie (de datation), réalisée entre 11 SA et 13 SA +6 jours. Pour cela, le professionnel mesure la longueur cranio-caudale ou la longueur tête-fesses, puis la compare à une courbe de référence pour ESTIMER l’âge du fœtus.

En sachant que chaque femme à une date de terme bien à elle dépendant de son métabolisme. Certaines la durée normale de gestation va être de 37 SA et pour une autre de 42 SA. 

Les risques liés au dépassement de terme

On relève 4 risques principaux liés au dépassement de terme, certains ne sont pas tout à fait prouvés, mais argumentés par certains professionnels :

  • Le vieillissement du placenta :

Le célèbre Dr Fox a relevé dans son article « Aging of the placenta » que le placenta ne vieillit pas : “Un examen des preuves disponibles indique que le placenta ne subit pas de véritables changements de vieillissement pendant la grossesse. Il n’y a en effet aucune raison logique de croire que le placenta, qui est un organe fœtal, devrait vieillir alors que les autres organes fœtaux ne vieillissent pas : la situation dans laquelle un organe individuel vieillit au sein d’un organisme qui ne vieillit pas est celle qui ne se produisent dans aucun système biologique.».

  • Un bébé trop gros qui ne peut pas franchir le bassin :

Les vieux mythes ont la vie dure, souvent les gens disent qu’un bébé trop gros reste coincé dans le bassin trop étroit de la maman. Alors que ce dernier est maintenant connu pour être très extensible et qu’un accouchement physiologique permet au bébé d’être accompagné dans son passage dans le bassin.

On peut constater que les complications liées aux gros bébés surviennent lors des interventions effectuées lorsqu’un bébé est supposé être gros (ce qui n’est pas souvent le cas).

  • Le liquide méconial 

Il y a un risque significatif que bébé évacue du méconium à mesure que ses intestins mûrissent : 15 à 20 % des bébés nés à terme et 30 à 40 % des bébés nés après terme auront émis du méconium in utero.

Néanmoins, selon les études Unsworth et Vause réalisées en 2010 « … Le passage du méconium, en l’absence d’autres signes de détresse fœtale, n’est pas un signe d’hypoxie… ».

  • La mortalité périnatale

Le taux général de mortalité périnatale (mortinaissance + décès néonatal) augmente, petit à petit, à mesure que les grossesses avancent au-delà du terme. Le taux reste faible mais statistiquement significatif. 

Les études Muglu et al. réalisées en 2019 ont rapporté que : « Le risque prospectif global de mortinaissance spécifique à la semaine de gestation augmentait régulièrement avec l’âge gestationnel, passant de 0,11 pour 1 000 grossesses à 37 semaines à 3,18 pour 1 000 à 42 semaines de gestation… Les risques de décès du nouveau-né sont restés constants entre 38 et 41 semaines, et n’ont augmenté qu’au-delà de 41 semaines ».

Les risques liés au déclenchement

Statistiquement, la majorité des déclenchements sont effectués pour éviter le prolongement de la grossesse après la DPA. Et ils ne sont pas sans risques. 

Cela commence par les effets secondaires mineurs associés aux médicaments et/ou aux procédures pour déclencher, tels que les nausées, l’inconfort, etc.

Il existe également des risques plus importants :

  • Hyperstimulation entraînant détresse fœtale et césarienne causé par les prostaglandines utilisées pour faire mûrir le col de l’utérus ;
  • Rupture des membranes aboutissant parfois à une détresse fœtale et césarienne.
  • Rupture de l’utérus ; 
  • Hémorragie post-partum (5 à 7% de risques en plus ) ; 
  • Taux d’allaitement réduit ; 
  • Augmentation de la dépression/anxiété post-partum ;
  • Sur le bébé : lésions cérébrales hypoxiques, ictère néonatal, hémorragie rétinienne néonatale, décès. 

Les plus extrêmes de ces risques sont rares, mais la détresse fœtale et la césarienne sont assez courantes. Les effets de l’hyperstimulation utérine suite à un déclenchement sur le bébé sont bien connus et ont été prouvés par l’étude Simpson & James en 2008.

Accepter le déclenchement, c’est également accepter une surveillance continue et une perfusion intraveineuse limitant les mouvements. Ce qui veut dire que le travail peut être beaucoup plus long et plus difficile à supporter, entraînant la pose de la péridurale et ses risques associés. 

Le déclenchement peut être également proposé pour d’autres raisons que le dépassement de terme, par exemple la pré-éclampsie ou les mouvements fœtaux réduits, ou lorsqu’il existe des raisons psychologiques pour que la femme choisisse d’être déclenchée.

En sachant que la DPA n’est pas une science exacte, détends-toi avant d’envisager le pire. Quoi que tu fasses, ton bébé viendra au monde lorsque ton corps et lui seront prêts.

Un conseil : utilise la date de terme uniquement pour la CAF, la sécu, etc. Sinon parle en mois d’accouchement. “J’accouche en juin” et plus « j’accouche le 14 juin”. Cela permettra de : 

  • laisser ton entourage dans le flou et d’éviter les messages du type “Alors, t’as accouché ?” dès la DPA, comme-ci la pression psychologique n’était pas assez intense lorsqu’on est une femme lol
  • De te mettre dans des conditions propices pour accoucher, sans stress, pour que l’ocytocine puisse opérer.

Est-ce qu’un article sur des conseils pour déclencher le travail naturellement t’intéresse ?

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Tu peux également retrouver ici notre article sur comment faciliter la descente du bébé dans le bassin .

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